• Février 2015
    Jean-Marc Nattier
    Portrait de femme en Diane

    L'oeuvre de février 2015

    Attribué à Jean-Marc NATTIER (Paris, 1685 - Paris, 1766)*
    Portrait de femme en Diane
    Huile sur toile, milieu du XVIIIe siècle
    59 x 49 cm
    Inv. D 929 (MNR 99)

    Ce tableau montre une jeune femme en buste, tournée légèrement à gauche, vêtue d’une peau de bête sur une chemise blanche et tenant un arc dans ses mains. Ces éléments renvoient directement à la déesse chasseresse Diane. Néanmoins, l’absence de croissant de lune dans les cheveux suggère qu’il s’agit d’un portrait de femme déguisée en Diane et non une représentation de la déesse elle-même.

    Ce type de portrait mythologique connaît une véritable vogue sous le règne de Louis XV et Jean-Marc Nattier en est l’un des maîtres. Il représente ainsi les membres de la famille royale et de la haute aristocratie sous les traits des dieux et déesses de l’Olympe, tels Madame Henriette en Flore (1742, Château de Versailles), La duchesse de Chaulnes en Hébé et Le duc de Chaulnes en Hercule (1744, Musée du Louvre) ou Madame de Pompadour en Diane (1745, Château de Versailles). À mi-chemin entre le portrait et l’allégorie, ces œuvres soulignent une qualité que le modèle souhaite mettre en avant (la jeunesse, la force, le pouvoir…) tout en évoquant l’ambiance joyeuse et légère de la cour de Louis XV et de ses fêtes costumées.

    Ces tableaux permettent à Jean-Marc Nattier de développer un art tout en élégance, au coloris frais et subtil, à la touche délicate et vaporeuse. Le portrait de cette femme non identifiée en est un exemple, même s’il illustre également un aspect plus négatif du travail du peintre : sa tendance à tomber dans la répétition et le stéréotype. N’est-ce pas Diderot qui dit de lui : « tous ses portraits se ressemblent, on croit voir la même figure » (cité par l’Encyclopaedia Universalis) ? 

    Outre sa belle qualité, ce Portrait de femme en Diane présente la particularité d’être un « MNR ». À la fin de la deuxième Guerre Mondiale, de nombreuses œuvres ont été récupérées en Allemagne. Si la plupart a pu être restituée rapidement à leurs propriétaires, spoliés par les Nazis, d’autres ont été confiées aux Musées Nationaux : elles constituent ce qu’on appelle les « MNR », « Musées Nationaux Récupération ».
    Sur le plan juridique (décret du 30 septembre 1949), ces œuvres n'appartiennent pas à l'État qui n'en est que détenteur provisoire. Elles ne font donc pas partie des collections publiques des musées de France. Elles sont inscrites sur des inventaires particuliers et attendent une restitution éventuelle, sans qu'une date de prescription ait été fixée pour en faire la demande.

    Le Musée barrois conserve trois autres « MNR » :

    • David Teniers II (1610-1690), La Tentation de saint Antoine, huile sur bois, XVIIe siècle. Inv. D 698 (MNR 917)
    • Attribué à Hendrik de Clerck (v. 1570-1630), Diane et Callisto, huile sur bois, début du XVIIe siècle. Inv. D 1 (MNR 588)
    • École de Pierre-Paul Rubens (1577-1641), Vénus dans la forge de Vulcain, huile sur bois, début du XVIIe siècle. Inv. D 697 (MNR 916)

     

    *L’attribution à Jean-Marc Nattier est ancienne et n’a jamais été contestée.

    Pour en savoir plus sur les MNR : http://www.culture.gouv.fr/documentation/mnr/MnR-pres.htm


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